Résistance à Louannec

Le 9 juin 1944, un accrochage avec les Allemands, au Guillors en Louannec, coûte la vie à 3 Résistants.

Témoignage d'Yves Hascouet  Capitaine de la compagnie qui porte son nom

Le groupe de Louannec a comme chef Andrieux Gabriel gendarme à Perros.

 Le 5 juin au matin, j'ai l'ordre de rejoindre Coat Gourhant, où le maquis est formé chez Monsieur Terrien, cultivateur et responsable (de ?)

 Le 9 juin, un groupe de l'île Grande abat deux Allemands, le troisième réussit à s'enfuir, si bien que l'après-midi des renforts ennemis importants ne tardent pas à nous attaquer, nous sommes encerclés. Dans l'attaque du maquis de Louannec, nous perdons 3 hommes et tuons 15 Boches (probablement moins). Ne pouvant tenir avec l'armement que nous avons, le chef du groupe de Louannec ordonne le repli. Gabriel Andrieux, Yves Campion et Henri Chauvel sont tués.

 je continue le repli avec quelques gars, ne pouvant passer à travers les mailles du filet, je leur donne l'ordre de se cacher individuellement jusqu'à la nuit dans les fourrés les plus épais, ce que je fais aussi.  Nous voyons les Allemands passer à faible distance, je suis d’autant plus inquiet que je porte tous les papiers concernant l'organisation de la compagnie. Vers 1h du matin, je rentre aux abords de Perros et dès le lendemain je m'occupe de regrouper, aux abords de Perros, les meilleurs éléments, avec l’aide du commissaire aux effectifs du canton de Perros (André Bonnot). Huit  jours après, je reforme le maquis sur les environs de Tréziny.

 Deux mois passent, la résistance a été active: des voies de chemin de fer et des lignes téléphoniques ont été coupées.

     le détachement de Trébeurden groupe des volontaires de tout âge, malgré la surveillance active de 40 Waffen SS qui demeurent au lieu-dit Land Kerellec et qui cherchent par leurs atrocités très souvent renouvelées (pendus, égorgés, assassinés) à disloquer et décimer la Résistance.

  Dans ce secteur, notre détachement a déjoué le feu de l'ennemi en restant uni et puissant. Il constitue depuis le début, par ses cadres et par ses hommes, un noyau important de la deuxième compagnie.

 Les groupes de Trébeurden, Perros, Louannec, La Roche-Derrien forment la compagnie Yves Hascouet (2ème compagnie) lors de la marche sur Lannion... 

extrait du témoignage d'Yves Hascouet.  Archives départementales 68 J

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La vie à Louannec pendant l'occupation 

 Extrait d’une lettre, écrite le 28 août 1944, que Edouard Ollivro a adressée à son cousin. Un document publié dans le Trégor Hors série d’octobre 1994.

 ………..Le débarquement fut évidemment connu à Louannec comme partout dans la journée du 6 juin.

 les Russes et les Allemands, qui avaient fait de la maison Tassel une forteresse pratiquement imprenable, furent durant plusieurs jours en état d'alerte, et il y avait constamment juché sur la tour de l'église deux ou trois Russes, armés de jumelles et de mousquetons, qui surveillaient les environs.

 le 9, un vendredi, les choses tournèrent au tragique: Deux russes, partis en patrouille, ne revinrent pas et leurs cadavres furent découverts près de Kernu. Aussitôt les “occupants” de Louannec et de Perros partirent en guerre, fouillant les champs et les bois, qui, à ce moment, était pleins de jeunes gens et d'hommes mûrs plus ou moins patriotes et plus ou moins armés.

 il y a eu une bagarre; toute l'après-midi nous parvint l'écho des coups de fusils et de mitrailleuses. Les Français eurent 3 tués: Yves Campion de Louannec; Andrieux, gendarme à Perros depuis la guerre. (PS: il oublie Henri Chauvel)  De l'autre côté, il y avait également de la casse: Deux russes furent encore tués dans l'après-midi, ainsi qu'un officier Allemand qu’Andrieux avait eu le temps de blesser mortellement avant de recevoir une grenade dans la tête.

 les Allemands étaient naturellement pas de bonne humeur. Ils prirent trois otages: le maire (Pierre Bourdellès)Auguste Adam, marchand de grains et notre brave curé qui n'y était pourtant pour rien du tout. Mais ils ne dépassèrent pas Pont Couennec et revinrent chez eux quelques heures après leur départ.

 Et après cette chaude alerte, la vie reprit comme auparavant. Les russes, plus excités et plus méchants, multipliaient les vols et les patrouilles, lançaient des grenades et des coups de feu à tort et à travers et buvaient chez Gouriou du cognac à 600 francs la bouteille………..

Les mots en petits caractères sont rajoutés par JPDA


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La RÉSISTANCE À LOUANNEC

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UNE STÈLE À LA MÉMOIRE DE CINQ RÉSISTANTS

Le monument est situé à environ 1.2 km du rond-point du bord de mer de Pont-Couennec, en prenant la côte de Kernu.